[Portrait de cyclistes] Hommage à Micheline Lemieux

Article publié le 21 juin 2021

Cycliste. 

C’est le seul mot que la langue française nous a donné pour désigner une personne qui fait du vélo. Un mot lié à la pratique sportive du cyclisme, qui nous fait penser au Tour de France. Un mot associé à l’image d’un homme en lycra sur un vélo de route, et qui semble venir avec des caractéristiques et des traits de personnalité indissociables. Aux yeux de beaucoup, les « cyclistes » sont une communauté homogène et à part.

Pourtant, les gens qui se déplacent à vélo ne sont pas plus « cyclistes » que les gens qui utilisent une tondeuse pour couper le gazon sont des « tondeurs ». Le vélo n’est qu’un outil, un moyen de transport avec lequel on accomplit une tâche, celle de se rendre du point A au point B.

Dans cette série de portraits, nous vous présenterons quelques-unes de ces personnes qui se déplacent à vélo, et nous commençons avec un hommage posthume à Mme Micheline Lemieux.

Micheline Lemieux et la rue Principale

Comme beaucoup de Gatinois, nous avons été attristés par le décès de Mme Micheline Lemieux en mars dernier. Mme Lemieux a ardemment défendu le patrimoine gatinois, particulièrement celui du Vieux-Aylmer. Selon Mme Audrey Bureau, conseillère municipale du district d’Aylmer, c’était la « personnification de la rue Principale ». « On la voyait tous les jours à pied ou à vélo. Elle était partout où que vous alliez à Aylmer : à la bibliothèque, à la piscine, dans les événements, les festivals, les collectes de fonds, au Monastère. » (Le Droit, 22 mars 2021)

Mme Lemieux avait une voiture, mais elle ne s’en servait que pour rendre visite à ses enfants à l’extérieur de la région. Dans sa ville, elle choisissait le mode de transport selon la distance et la température. Pour sortir du secteur Aylmer, ou pour se rendre à la piscine pendant l’hiver, c’était en autobus. Dans un rayon d’un kilomètre de son domicile sur la rue Principale, c’était à pied.

Et du printemps jusqu’à la fin de l’automne, dès qu’il fallait se rendre un peu plus loin, c’est à vélo que Mme Lemieux se déplaçait. Elle était très reconnaissable avec ses chapeaux et ses jolies robes colorées. On la voyait souvent aller et venir sur la rue Principale.

Malgré toutes ses années d’expérience à vélo, Mme Lemieux n’était pas à l’aise sur la chaussée. Avec le risque de se faire frôler par une voiture ou accrocher par une portière, on peut la comprendre. Alors elle roulait sur le trottoir.
Malgré toutes ses années d’expérience à vélo, Mme Lemieux n’était pas à l’aise sur la chaussée. Avec le risque de se faire frôler par une voiture ou accrocher par une portière, on peut la comprendre. Alors elle roulait sur le trottoir.

Ayant déjà été happée par un automobiliste à l’intersection Principale / Wilfrid-Lavigne, Mme Lemieux faisait sa part pour améliorer la sécurité des déplacements à vélo. Elle avait participé aux consultations pour l’élaboration du Plan directeur du réseau cyclable, faisait des requêtes au 311 ou contactait sa conseillère.

En tant qu’organisation représentant les citoyens qui font le choix de se déplacer à vélo, nous désirons rendre hommage à cette grande dame en poursuivant les efforts pour que les rues de Gatineau soient mieux partagées et que les gens s’y sentent en sécurité.

 

Merci à Mme Audrey Bureau, conseillère municipale du district d’Aylmer, d’avoir pris de son temps pour nous parler de Micheline Lemieux, et à l’Association du patrimoine d’Aylmer de nous avoir confié ses photos.