À vélo : Un code, oui, mais quel code?

Article publié le 1 octobre 2016

Plus d’une soixantaine de personnes ont assisté à la conférence de Jean-François Pronovost de Vélo-Québec qui se tenait aux Brasseurs du Temps le 22 septembre dernier. La conférence portait sur une éventuelle refonte du Code la route pour le rendre plus adapté aux besoins des cyclistes. En voici les grandes lignes de cette conférence.

D’abord, Jean-François a fait le tour de la conjoncture actuelle. D’abord, nous avons un bilan routier qui s’améliore : le nombre de décès est le plus faible depuis 1978 pour une diminution de 46% par rapport à la moyenne des années 2010-2014. Cependant, il y a augmentation des blessés graves et légers. Aussi, les temps ont bien changé. Le vélo est de plus en plus utilisé à des fins de transport, les équipements et technologies vélo se sont développées et les gouvernements favorisent la mobilité durable (du moins, c’est le discours actuel).

Selon Jean-François Pronovost, il y a trois éléments essentiels pour moderniser le Code de la Sécurité routière : Mieux protéger les cyclistes, rendre le vélo plus efficace et augmenter les parts modales. Il faut aussi opter pour la démarche du Code de la rue. Ce Code de la rue qui nous provient de Belgique nous invite à adopter un principe de prudence à l’égard des plus vulnérables, notamment les piétons. Le Code de la rue invite au respect mutuel de tous les acteurs de la voie publique, en rappelant aux automobilistes la nécessité de redoubler de vigilance envers les plus vulnérables ; au renforcement de la sécurité, avec une signalisation claire et des règles de circulation. Enfin, le Code de la rue favorise les modes de circulation doux en ville, dont le vélo.

Voici quelques propositions de Vélo-Québec pour le rendre plus confirme aux pratiques cyclistes:

  • Circulation sur la chaussée : Remplacer le libellé actuel de ‘’Circuler à l’extrême droite’’ par ‘’Circuler dans un corridor d’environ 1,5m de la limite droite de la chaussée ou des voitures stationnées’’.
  • Circulation à la file : Permettre de circuler à la file à plus de 15 lors d’une activité organisée comportant un service d’encadrement ; Permettre de circuler côte à côte sauf à l’approche d’un véhicule venant de l’arrière ou si l’accotement est suffisamment large pour circuler côte à côte sans empiéter sur la chaussée.
  • Signalisation : Face à un panneau d’arrêt, permettre que le conducteur d’un vélo effectue un ralentissement et s’assure que la voie est libre avant de s’engager dans l’intersection. La priorité doit être accordée aux piétons en tout temps.
  • Usage du feu piéton : À moins d’indication contraire, permettre que le conducteur d’un vélo puisse suivre les indications du feu piéton. Il doit s’avancer dans l’intersection après avoir marqué un arrêt et cédé le passage aux piétons.
  • Usage des trottoirs : L’usage des trottoirs dans les ponts, les tunnels et les passages inférieurs sous les ponts et les viaducs doivent être définis comme des cas de nécessité. Il doit y avoir circulation à basse vitesse tout en accordant la priorité aux piétons.
  • Notion d’accident : Le libellé actuel dit qu’ « un accident est un événement au cour duquel un préjudice est causé par un véhicule routier en mouvement ». Vélo-Québec  propose d’ajouter « ou par l’ouverture d’une portière d’un véhicule routier immobile. »
  • Dispositifs de visibilité : Tout vélo circulant la nuit doit être muni d’au moins un phare blanc à l’avant, d’un feu rouge à l’arrière et d’accessoires réfléchissants afin d’être visible de face, de dos et de côté. Aussi, Vélo-Québec propose de retirer l’obligation de munir le vélo de réflecteurs aux pédales.
  • Circulation dans les voies réservées : À moins d’indication contraire, autoriser la circulation à vélo dans les voies réservées aux autobus.
  • Points d’inaptitude : Aucune infraction effectuée à vélo ne devrait entrainer le versement de points d’inaptitude au dossier du conducteur d’un cycliste, qu’il possède ou non un permis de conduire.

Voilà des propositions fort intéressantes qui amèneront de l’eau au moulin lors des consultations sur la révision du Code de la sécurité routière.